Ben Affleck, réalisateur d'Argo
Warner Bros

Argo a 10 ans, alors Première fouille dans ses archives.

Gone Baby Gone et The Town ont imposé Ben Affleck comme un réalisateur qui compte à Hollywood. Entré dans le cercle très fermé des acteurs/cinéastes reconnus par toute une profession et qui ont des choses à dire comme George Clooney et Clint Eastwood, Ben Affleck a décidé cette fois de poser sa caméra sur une histoire incroyable mais vraie. En pleine crise iranienne des otages en 1979, un agent de la CIA tente d’exfiltrer des diplomates américains en les faisant passer pour une équipe de cinéma en repérages à Téhéran. Le moyen pour Affleck de faire le parallèle entre Hollywood et la politique, d’hier à aujourd’hui, pour au final déployer ses ailes direction les Oscars. Nous repartageons un extrait de sa longue interview dans le numéro de Première de novembre 2012, à l'occasion du dixième anniversaire d'Argo (le film est sorti précisément le 12 octobre 2012 aux Etats-Unis).
Propos recueillis par Frédéric Foubert

Argo est à voir sur Première Max

Première : Argo est votre troisième film en tant que réalisateur mais le premier que vous ne tournez pas à Boston. Une manière de vous mettre en danger ?
Ben Affleck :cOui, c’était une décision stratégique de ma part. je n’avais pas envie d’être catalogué comme le gars qui fait des films à Boston. Gone Baby Gone, The Town mais aussi Will Hunting, The Company Men,… Je me suis dit : Ben, si tu ne fais pas un film ailleurs rapidement, plus personne ne voudra de toi au-delà des frontières de la Nouvelle-Angleterre. Il était donc hors de question que je réalise mon troisième film là-bas. J’aurais même refusé de faire le Citizen Kane de Boston ! La dimension internationale d’Argo était une occasion de changer d’air. Et comme j’ai suivi des cours sur le Moyen-Orient à la fac, cette histoire me parlait. Les conditions étaient réunies pour que je déploie mes ailes. (Rire)

Vous faites beaucoup de parallèles entre l’époque à laquelle se déroule le film et la nôtre…C’est incroyable de constater qu’Argo évoque des événements vieux de trente ans et qu’on fait encore aujourd’hui face aux mêmes types de problèmes. Les tensions qui persistent entre l’Iran et les Etats-Unis donnent au film une résonnance évidemment très forte, très contemporaine. C’était aussi l’époque du mandat de Jimmy Carter. Un président démocrate sans cesse accusé de mollesse par ses adversaires et qui doit affronter une grave crise économique. Si ça vous rappelle quelqu’un, c’est normal… 

Argo est autant un film sur la politique que sur le cinéma. Votre personnage, l’agent de la CIA Tony Mendez, se comporte comme un metteur en scène…
C’est un film basé sur le storytelling. Sur le pouvoir des histoires, la façon dont nous communiquons entre nous et le fait que, très souvent, une caméra peut se révéler bien plus puissante qu’une arme. Le film parle aussi de la confusion grandissante entre information et divertissement. Il est devenu très difficile de faire la distinction entre les deux tant la politique a été complètement contaminée par Hollywood. Aujourd’hui, les politiciens se comportent comme des producteurs de cinéma en cherchant tout simplement une bonne histoire à raconter. Si possible meilleure que celle que propose la concurrence.

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L'histoire d'ArgoLe 4 novembre 1979, au summum de la révolution iranienne, des militants envahissent l'ambassade américaine de Téhéran et prennent 52 Américains en otages. Mais au milieu du chaos, six d'entre eux réussissent à s'échapper et à se réfugier au domicile de l'ambassadeur canadien. Sachant qu'ils seront inévitablement découverts et probablement tués, un spécialiste de l'exfiltration de la CIA du nom de Tony Mendez monte un plan risqué visant à les faire sortir du pays. Un plan si incroyable qu'il ne pourrait exister qu'au cinéma.

Bande-annonce : 


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