Club Zéro
Coproduction Office / Fred Ambroisine

La réalisatrice signe un film faussement cruel sur les mouvements sectaires et les troubles alimentaires, porté par Mia Wasikowska.

Retour à la compétition officielle cannoise pour Jessica Hausner. Après Little Joe en 2019, la réalisatrice autrichienne revient avec Club Zéro, vrai/faux thriller où la nouvelle professeure de nutrition d'un très chic lycée privé bouscule les habitudes alimentaires de ses élèves, sous prétexte de les initier à « l'alimentation pleine conscience ». Très vite, les mômes tombent sous son emprise et diminuent drastiquement leurs rations quotidiennes de nourriture, afin d'atteindre un soi-disant niveau de conscience supérieur...

Hausner se moque autant des chantres de la diététique que des fortunés qui laissent aveuglément l'école qu'ils payent - très cher - éduquer leurs enfants (Elsa Zylberstein et Mathieu Demy, hilarants en parents idiots dépassés par la situation). Excellent sujet de cinéma, traité ici avec la maniaquerie plastique de Wes Anderson (les décors vert-beige-orange ; Mia Wasikowska, génialement robotique) et le second degré de Black Mirror. Et pendant trente minutes, Club Zéro ferait presque illusion. Miroir aux alouettes : le film semble très fier de lui-même mais tourne désespérément à vide, englué dans la satire gros sabots d'une jeunesse paumée, prête à suivre n'importe quel gourou new age pour donner un peu de sens à sa vie. Hausner cherche à provoquer le malaise mais n'y parvient jamais (une scène de vomi ingurgité, parfaitement inoffensive). Pas si drôle et toujours là où on l'attend, le récit patine sévère et ne produit que de l'ennui.

De Jessica Hausner. Avec Mia Wasikowska, Sidse Babett Knudsen, Elsa Zylberstein... Durée: 1h50. Sortie le 27 septembre 2023


A lire aussi sur Première

Acide, le thriller post-apo percutant de Just Philippot [critique]

Guillaume Canet et Lætitia Dosch mènent ce film catastrophe sur le dérèglement climatique, où la pluie est devenue si acide qu'elle dévore la chair. Très réussi, jusqu'à ce que le scénario ne se mette à patiner.

L'Innocence, un Kore-eda poignant

Hirokazu Kore-eda raconte les mystères de l’enfance comme un suspense policier, dans un film à la structure alambiquée, mais qui finit par bouleverser.