Ce samedi débute le festival lyonnais dédié au cinéma de patrimoine qui verra Michael Mann honoré. Revue de quelques forces en présence.
SUPER MANN
Après Isabelle Huppert prix Lumière 2024, c’est au tour de Michael Mann d’être honoré du « Prix Nobel du Cinéma » (dixit Thierry Frémaux, grand ordonnateur de l’évènement). Mann c’est Le sixième sens, Le dernier des Mohicans, Heat, Ali, Collateral, Miami Vice…, soit un esthète de la pellicule et du numérique. L’Américain donnera une masterclass, verra son œuvre intégrale projetée et sera célébré lors d’une soirée digne des grandes heures de Maritie et Gilbert Carpentier avec musique, invités et paillettes, le vendredi 17 octobre.
Le Prix Lumière 2025 est : pic.twitter.com/AQsTAY2IZ9
— Institut Lumière (@InstitutLumiere) July 11, 2025
QUI SEME LE VENT…
A Lyon, la semaine est aussi rythmée par les ciné-concerts à l’Auditorium de la ville. Au programme deux muets du Suédois Victor Sjöström : La Charrette fantôme (1921) et Le Vent (1928). Ce dernier est un pur film-catastrophe à hauteur de la grande Lillian Gish (1m66). Elle joue une jeune femme qui débarque dans un ranch exposé à la merci des vents violents. Elle se retrouve bientôt prisonnière des éléments au milieu d'un indescriptible chaos et subit l’assaut répété de prétendants. La mise en scène vibre par tous les pores de sa pellicule pour rendre compte de la folie ambiante. La projection s’annonce grandiose.
WHO’S WOO ?
Cet été dans le désert des sorties la réactualisation en 4K d’A toute épreuve de John Woo (1992) après des années d’invisibilisation pour une sombre histoire de droits, a eu l’effet d’une bombe. Rien n’a bougé : la beauté des chorégraphies, le lyrisme du montage, la suavité de la violence, l’incandescence des séquences dans l’hôpital, l’ironie charismatique de Chow Yun-fat… Bref, si Woo, jadis Dieu du cinéma d’action, n’a pas donné que des bonnes nouvelles ces derniers temps (son remake de The Killer, au secours !), il est bon de se souvenir de sa grandeur passée. Le maître chinois, 79 ans, sera à Lyon pour une masterclass et présentera, outre A toute épreuve, The Killer (l’original de 1989 of course!) et Une balle dans la tête (1990).
RITT INITIATIQUE
Focus sur le cinéaste américain engagé, Martin Ritt (1914 – 1990). Emmerdé par la chasse aux sorcières qui freinera ses envies de cinéma l’obligeant à repasser par les planches où il croisera notamment James Dean, Ritt fera exploser ses idéaux rouge vif dans sa filmo à venir. Ni grand, ni petit cinéaste, l’homme est tout de même assis sur quelques classiques dont Le plus sauvage d’entre tous (Hud, 1963), néo-western avec sa « muse » Paul Newman dans l’un de ses rôles les moins aimables ; L’espion qui venait du froid (1965) adaptation au cordeau et parano de John le Carré avec Richard Burton ou encore Norma Rae (1979) dans lequel Sally Field fout le bordel dans une usine de textile d’un bled catho du Sud des Etats-Unis en forçant ses collègues à monter un syndicat. Mais si vous voulez sortir des sentiers battus, précipitez-vous sur Hombre (1967) western anti-raciste, fiévreux et sensuel qui lorgne du côté du Boule de Suif de Maupassant avec Newman beau comme le Dieu qu’il n’a jamais cessé d’être.
LES CLASSIQUES DE DEMAIN
Thierry Frémaux as de l’événementiel autant que de la cinéphilie envisage son raout lyonnais comme un immense tapis rouge clinquant (faites entrer Natalie Portman, Sean Penn, Juliette Binoche, Isabelle Huppert…) Pour que le patrimoine ne prenne pas trop la poussière on lui adjoint ici et là des petits nouveaux censés rutiler à côté des breloques liftées. Cette année le festivalier pourra ainsi se rincer l’œil en restant en 2025. Parmi les quinze films proposés en avant-première on note le Frankenstein de Guillermo del Toro (produit Netflix, ça vaut donc le coup de le découvrir en extra-large), Springsteen, Deliver to Nowhere de Scott Cooper (Frémaux étant le plus grand fan du boss ever) ; La femme la plus riche du monde de Thierry Klifa avec Zaza en Bettencourt ; Deux pianos d’Arnaud Desplechin avec Civil façon Glenn Gould… A tout prendre, ne loupez pas Arco d’Ugo Bienvenu, film d’animation d’une poésie enivrante avec un casting de voix sympa : Swann Arlaud, Alma Jodorowsky, Vincent Macaigne… Une histoire colorée où un présent inquiet croise un futur sous cloche par l’entremise d’un petit garçon trop curieux. Il y a des robots, des dinos, des arcs-en-ciel et beaucoup de tendresse pas neuneu.
Festival Lyon Lumière du 11 au 19 Octobre. Infos : www.festival-lumiere.org







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