Absent depuis Star Wars : L'Ascension de Skywalker, le génial réalisateur fait son grand retour avec une petite série étonnement ringarde et pas bien inspirée.
Après son Ascension de Skywalker très décrié, J.J. Abrams s’est évanoui dans la nature hollywoodienne. De projets avortés en désillusions cinglantes, le cinéaste a dû prendre du recul. Il a bien produit l'excellente Lovecraft Country en 2020 (mais annulée au bout d’une saison), la série animée Batman: Caped Crusader (2024) ou l’adaptation de Lisey's Story de Stephen King, passée totalement inaperçue en 2021 (sur Apple). Mais ses grands projets personnels ont, eux, tous périclité ces dernières années, notamment la très ambitieuse Demimonde, énorme chronique de science-fiction coupée par HBO alors qu'il planchait dessus depuis des années.
C'est donc avec Duster, petite cylindrée sans pression ni ambition, qu'il se remet doucement en selle. Un retour par le petit écran, presque 15 ans après sa dernière création (Undercovers). J.J. Abrams, entré au Panthéon des séries télé grâce à Alias et Lost, est ici bien loin de ses standards habituels.
Il opte pour une virée pépère dans les années 70 (la série est co-créée avec LaToya Morgan), aux côtés de son ancien camarade de plage, Josh Holloway, qui prend le volant de ce thriller vintage. Fidèle à sa moue de cow-boy charismatique, il incarne un chauffeur pour gangsters traqué par la première femme noire agente du FBI avec qui il va finir par faire équipe, pour faire tomber un mafieux du coin.
Duster est un polar disco qui joue la carte du divertissement inoffensif et lorgne plus du côté de Shérif, fais-moi peur que des labyrinthes narratifs de Lost. On a bien du mal à reconnaître la patte Abrams dans cette série policière ostensiblement rétro, pour ne pas dire désuette, et qui porte d’ailleurs le nom du vrai personnage principal : une Plymouth Duster orange aux lignes sauvages, qui dévore l’écran comme la Dodge Charger des cousins Duke, la Ferrari 308 GTS de Thomas Magnum, ou la Pontiac Trans-Am de Michael Knight.
On est en plein dans l’époque où le moteur thermique était une extension de la virilité, où la grosse cylindrée représentait une forme de jouissance brute. Sauf que le pilote Holloway fait un homme de main trop lisse pour marquer les esprits, et qu’en face, l’agente du FBI censée faire contrepoids et porter un discours féministe finit par incarner un manifeste laborieux, trop didactique pour convaincre. On est dans le petit kiff nostalgique d’un cinéaste qui se fait plaisir sans trop se mouiller. Tout ça manque de chevaux sous le capot.
Duster, saison 1 en 8 épisodes à voir sur Max en France jusqu'au 3 juillet 2025. Un épisode chaque vendredi.







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