White Lotus, saison 3
HBO

Critiquée pour son rythme plus contemplatif, la nouvelle saison de la série HBO divise. Mais son créateur assume pleinement ses choix et défend une narration où le malaise se distille lentement.

La troisième saison de The White Lotus vient de s'achever et fait grincer quelques dents, de nombreux fans reprochant à ces nouveaux épisodes de la série de “ne rien raconter” et de traîner en longueur. Mike White, showrunner et architecte de cette comédie dramatique sur les riches oisifs, a fait valoir son point de vue sans filtre dans le podcast officiel. « Il y a eu des plaintes sur le fait qu’il n’y a pas d’intrigue. Je trouve ça étrange parce que… il n’y en a jamais vraiment eu. Une partie de moi se dit simplement : mec, c’est l’ambiance. Je construis un monde. »

The White Lotus a installé un ton singulier, entre dialogues hilarants, ambiance pesante et menace latente. Et pour White, c’est exactement ça, le cœur du projet de cette saison 3 : « Je vous fais languir ! ["I'm edging you" en VO, soit le fait de rester constamment au bord de l'orgasme pour finalement en multiplier la puissance]. Profitez de l’attente. Si vous ne voulez pas être tenus en haleine, alors dégagez de mon lit. » Ne vous attendez donc pas à ce que White s'excuse pour le tempo particulier de cette saison en Thaïlande, et d'ailleurs les chiffres semblent lui donner raison : le final a attiré 6,2 millions de spectateurs aux État-Unis - un record pour la série. Et HBO a déjà donné son feu vert pour une saison 4.

Une scène coupée

Dans le même podcast, Mike White a également révélé le contenu de l’une des scènes qu’il a dû supprimer du final. Une séquence inattendue, centrée sur Piper (Sarah Catherine Hook), la jeune femme qui voulait passer un an dans un monastère, avant de se raviser à cause des conditions d'hébergement et de la nourriture : « Elle décide de perdre sa virginité dans le dernier épisode. Et elle a en fait une relation sexuelle avec Zion, le fils de Belinda (...) Juste après avoir quitté le monastère, elle se dit : ''Je dois coucher avec quelqu’un.'' » Finalement, faute de place - l’épisode durait déjà 1 h 30 - la scène a été coupée.

« Ça aurait ajouté dix minutes. Et ça donnait une vibe comédie romantique, alors qu’en parallèle on essayait de tuer une famille. Narrativement, ça faisait trop. »