Ce qu’il faut voir en salles
L’ÉVÉNEMENT
Y A-T-IL UN FLIC POUR SAUVER LE MONDE ? ★★★☆☆
De Akiva Schaffer
L’essentiel
Le quatrième volet de la saga reste fidèle à ses fondamentaux scato et burlesque. Un shot de politiquement incorrect à l’intérieur duquel Liam Neeson révèle une nature comique irrésistible.
Pour le quatrième volet de cette saga, Seth MacFarlane (Ted) à la production et Akiva Schaffer (Voisins du troisième type) à la réalisation ont pris le parti de revenir aux sources de la saga et d’aller à fond dans l’humour potache qui tâche qui constitue son ADN. Le tout sur fond d’une enquête évidemment abracadabrantesque menée par le fils de Drebin (Liam Neeson) après la mort d’un ingénieur avec en super- méchant, le patron de la victime, un géant de la tech qui a mis au point une machine diabolique capable de ramener les humains à leur nature barbare. Et sans être révolutionnaire, on se régale devant l’enchaînement alerte de gags, la vis comica d’un Liam Neeson on fire mais aussi l’écriture du personnage féminin principal, la sœur de l’ingénieur assassiné, jouant avec tous les clichés de la blonde sulfureuse pour mieux les retourner. Et c’est grâce à elle (que campe avec gourmandise Pamela Anderson) qu’Y a-t-il un flic pour sauver le monde ? réussit à s’inscrire avec fluidité dans son époque. Et démontre qu’on peut toujours rire de tout, en tenant compte de l’évolution de la société et du regard porté sur les femmes par exemple, sans se renier ou s’auto- censurer.
Thierry Cheze
Lire la critique en intégralitéPREMIÈRE A BEAUCOUP AIME
A FEU DOUX ★★★★☆
De Sarah Friedland
Sarah (Kathleen Chalfant, exceptionnelle) a 85 ans. Et cette après- midi- là, cette femme élégante s’est encore plus apprêtée que d’habitude pour ce qui paraît être un rendez- vous galant avec un homme plus jeune qu’elle. Un déjeuner avant de partir ensemble en vacances. Sauf que cet homme n’est pas un amoureux potentiel mais son fils, qu’elle souffre d’un Alzheimer et que la destination surprise est celle de la maison médicalisée où Sarah va passer le reste de ces jours. Les magnifiques et déroutantes 15 premières minutes de ce premier long donne le ton de ce qui va suivre, où Sarah Friedland trouve le ton juste, jamais plombant ni mièvre, en distillant ici et là des traits d’humour irrésistibles, pour parler de cette sale maladie. Film épuré tant dans ses dialogues que dans les situations qui s’y déploient, A feu doux vous serre le cœur sans vous manipuler, épousant la dignité de son héroïne luttant jusqu’au bout pour valoriser le peu de mémoire qu’il lui reste.
Thierry Cheze
PREMIÈRE A AIME
TOGETHER ★★★☆☆
De Michael Shanks
Dave Franco et Alison Brie incarnent Tim et Millie, un jeune couple qui décide un jour de quitter la ville pour la campagne. Lui est un musicien raté qui vieillit mal. Elle, une institutrice qui assure financièrement. Lors d'une randonnée près de leur nouvelle maison, ils découvrent une structure souterraine mystérieuse. Tim boit l'eau stagnante d'une mare (mauvaise idée) et le lendemain... leurs jambes se retrouvent légèrement collées. Ce qui aurait pu virer au body horror convenu (comme un remake domestique de The Substance) devient une métaphore grinçante et fun sur la codépendance amoureuse. Tim réclamait de l'espace ? Il développe soudain un besoin maladif de proximité avec Millie. Millie voulait du contact ? Elle va être servie. Shanks évite habilement le piège du pensum sur les relations toxiques et privilégie l'efficacité grâce aux deux acteurs qui naviguent avec brio entre comédie conjugale et cauchemar charnel.
Gaël Golhen
L’EPREUVE DU FEU ★★★☆☆
De Aurélien Peyre
Depuis toujours, Hugo passe ses vacances de juillet- août sur une petite île de l’Atlantique. Mais l’été que filme Aurélien Peyre dans son premier long, celui de ses 19 ans, ne ressemblera à aucun autre. D’abord parce qu’il y débarque avec Queen, sa petite amie, esthéticienne dont la verve et l’excentricité détonnent avec sa timidité. Ensuite parce qu’Hugo s’est métamorphosé physiquement au point que ses potes peinent à reconnaître celui dont ils ont toujours moqué le surpoids. Peyre raconte ici avec une grande finesse la violence du groupe face à l’individu empêtré dans ses complexes et l’incapacité de ce dernier de guérir de son statut de victime, prêt à tout pour se faire accepter par des gens qui ne l’aiment pas, quitte à blesser la seule qu’il aime vraiment. L’Epreuve du feu frappe par la qualité d’écriture de ses personnages et sa manière de bousculer les priori. A commencer par Queen, remarquablement incarnée par une nouvelle venue, Anja Verderosa.
Thierry Cheze
Lire la critique en intégralitéBRIEF HISTORY OF A FAMILY ★★★☆☆
De Jianjie Lin
Tout commence par un fait de jeu sur un terrain de basket dans un lycée chinois où Wei, fils unique, gâté et extroverti d’une famille aisée blesse légèrement un de ses camarades de classe, Shuo, issu, lui, d’un milieu modeste et au caractère diamétralement opposé : introverti et taiseux. Pour se faire pardonner, Wei invite alors Shei à faire des parties de jeu vidéo chez lui. Où ses parents vont donc faire la connaissance d’un garçon dont la modestie, la discrétion et le côté bosseur leur tapent tout de suite dans l’œil. Puisqu’il est aux antipodes de leur fils. Au fil des jours, Shuo va prendre de plus en plus dans cette famille. Ce que Wei vit d’abord très bien, soudain libéré de l’attention constante et de la pression parentale. Avant que ce rapprochement finisse vraiment par devenir suspect et prendre les atours d’une machination. Mais qui manipule qui ? Cet ado cherchant à se faire adopter pour accéder à une vie aisée ? Ou cette famille espérant faire de Shei un des leurs pour enfin avoir un fils à la hauteur de leurs attentes ? Pour son premier long, Jianjie Lin signe un thriller psychologique prenant, avec un parti pris de réalisation clinique maîtrisée, qui dézingue le comportement de l’élite de la société chinoise d’aujourd’hui avec cette idée que l’obsession de la mise en concurrence a quitté le terrain de la sphère du travail pour gangréner les relations familiales. Et ce jusqu’à une dernière ligne droite qui tient toutes ses promesses.
Thierry Cheze
EN BOUCLE ★★★☆☆
De Junta Yamaguchi
Le cinéma nippon semble avoir un tropisme pour les films de boucle temporelle. Un an après Comme un lundi, Junta Yamaguchi (qui s’était déjà confronté au genre avec Beyond the infinite two minutes) enferme dans une auberge au cœur d’une vallée enneigée ses employés et leurs clients qui découvrent que les mêmes 2 minutes sont en train de se répéter à l'infini... Le point de départ d’un scénario diablement inventif et bien secoué où se mêlent harmonieusement et joyeusement fantastique, comédie romantique et burlesque.
Thierry Cheze
Retrouvez ces films près de chez vous grâce à Première GoPREMIÈRE A MOYENNEMENT AIME
NOBODY 2 ★★☆☆☆
De Timo Tjahjanto
Quatre ans après le premier volet, Hutch Mansell est de retour. Ce monsieur tout-le-monde métamorphosé, après une tentative de cambriolage, en un tueur aux compétences létales insoupçonnées doit toujours 30 millions de dollars à l’organisation qu’il tente de rembourser. Mais, quelque peu surmené, voilà qu’il part en vacances, à la demande de sa femme, avec toute sa famille dans un parc d’attraction de l’Arkansas où évidemment rien ne va se passer comme prévu. Et on a beau chercher, on peine à comprendre pourquoi il a fallu quatre scénaristes pour trousser une intrigue à ce point convenue aux rebondissements aussi attendus. Evidemment, la mise en scène des bastons et des fusillades à gogo se révèle d’une indéniable efficacité. Evidemment Bob Odenkirk est une fois encore irrésistible. Mais cela ne suffit à faire de cette suite autre chose qu’un copier- coller un peu fainéant du premier Nobody.
Thierry Cheze
Lire la critique en intégralitéSALLY BAUER, A CONTRE- COURANT ★★☆☆☆
De Frida Kempff
Le « A contre- courant » du titre a ici un double sens. Il exprime tout à la fois le défi que s’est lancée son héroïne, la suédoise Sally Bauer, mère célibataire de 30 ans - traverser la Manche à la nage –, la réaction d’incompréhension de sa famille (et plus largement de la société suédoise) quand elle l’annonce et le moment où elle entreprend cet exploit : en 1939, alors que l’ombre de la seconde guerre mondiale se fait de plus en plus menaçante. Inutile donc de préciser l’aspect passionnant de cette histoire. Seul hic, mais majeur, le prisme d’une fiction mise en scène avec un classicisme aussi scolaire ne lui rend pas grâce voire affaiblit l’exploit tout à la fois sportif et féministe accompli. On a surtout envie de voir un documentaire ou lire une biographie de cette championne pas comme les autres.
Thierry Cheze
Et aussi
Karaté Kid : Legends, de Jonathan Entwistle
Le Monde de Wishy, de Toby Genkel et Jens Moller
Papamobile, de Sylvain Estibal
Les reprises
French Connection, de William Friedkin
Julie (en 12 chapitres), de Joachim Trier







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