Plus vaste, plus explosive, cette nouvelle salve prolonge brillamment l’aventure de Lucy dans un monde post-apocalyptique toujours aussi violent, absurde et terriblement séduisant. Du spectacle total.
Avec sa saison 1, Fallout avait réussi un tour de force rare : transformer un monument du jeu vidéo en série populaire, exigeante et incarnée.
Loin du simple produit dérivé, la création portée par la vision de Jonathan Nolan et la showrunner Geneva Robertson-Dworet imposait un univers, un ton, une identité. La saison 2, qui se lance aujourd’hui sur Prime Video, confirme sans hésitation cette réussite. Plus vaste. Plus explosive aussi... et c'est peu de le dire !
Revenons d'abord sur l'histoire : la première saison suivait Lucy MacLean (Ella Purnell), jeune femme élevée dans le confort feutré d’un abri souterrain, contrainte de rejoindre la surface pour retrouver son père, Hank (Kyle MacLachlan). Un choc frontal avec un monde ravagé, brutal, peuplé de figures mémorables : Maximus (Aaron Moten), soldat de la Confrérie de l’Acier façonné par un endoctrinement militaire glaçant, et surtout la Goule (Walton Goggins), chasseur de primes cynique irradié vieux de 200 ans, hanté par la disparition de sa famille.
La saison 2 reprend exactement là où la précédente s’arrêtait. Lucy a découvert la vérité sur son père et son rôle dans l’holocauste nucléaire. Fin de l’innocence. Place à la colère, au doute, et à une question vertigineuse : jusqu’où est-elle prête à aller pour rendre justice ? Direction New Vegas, symbole parfait du vice et du chaos moral, avec la Goule pour compagnon de route. Un duo improbable, contraint de cohabiter dans un désert peuplé de créatures mutantes, de factions instables, de trahisons permanentes et de massacres signés par les légions de César. La saison 2 puise vaguement son inspiration dans le jeu New Vegas (sorti en 2010 sur consoles) mais adopte surtout les codes du buddy movie le plus improbable. Chacun tente de déteindre sur l’autre : Lucy veut croire qu’un reste d’éthique est encore possible : la Goule s’acharne à lui prouver que ce monde ne récompense que la brutalité. Ella Purnell et Walton Goggins s’apprivoisent, se provoquent, s’opposent et finissent par former un tandem réjouissant. Une dynamique d’une simplicité biblique, mais d’une efficacité redoutable.
Si le duo s'impose comme le cœur battant de la série, les intrigues secondaires gagnent en ampleur. Le parcours de Maximus, fraîchement adoubé chevalier de la Confrérie de l’Acier, s’assombrit à mesure que son désenchantement grandit face à ce culte militarisé. La série prend le temps d’explorer ses zones grises, sans jamais perdre le spectateur en route.
Visuellement, Fallout 2 frappe encore plus fort. Décors rétro-futuristes à couper le souffle, esthétique follement colorée, presque opératique par instants. Un western tarantinesque où le burlesque sanglant côtoie une vraie réflexion sur la survie, la morale et le poids des choix. La violence est gonflée aux stéroïdes, mais toujours stylisée, tout le temps absurde, et d'autant plus dérangeante. Les dialogues restent affûtés, capables de passer en une seconde de la vanne la plus sèche à la tragédie la plus brutale.
L’effet de surprise s’est forcément un peu estompé, et cette saison 2 n’affiche pas toujours la même rigueur structurelle que la première. Mais les secrets révélés, les nouvelles pistes narratives et la montée en puissance émotionnelle suffisent à maintenir une tension constante, avec ce fragile équilibre entre adaptation libre et fidélité à l’esprit des jeux.
Au final, Fallout confirme tout le bien qu'on pensait d'elle. Un divertissement total, spectaculaire, intelligent, furieusement généreux. Une série qui ose être excessive, monstrueuse, drôle et mélancolique à la fois. Et qui prouve que la fin du monde peut être un terrain de jeu incroyablement fertile.
La saison 2 de Fallout débute sur Prime Video ce 17 décembre en France. Un épisode par semaine jusqu'au 4 février 2026.







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