SHADOWPLAY
Studio canal

Le créateur suédois de The Bridge signe un nouveau thriller âpre et violent, baigné cette fois dans une atmosphère post-Seconde Guerre Mondiale. Riche et ambitieux, à découvrir à partir de ce soir sur Canal +.

L'Allemagne d'après-guerre racontée par un créateur suédois à travers les yeux d'un Américain, dans un drama filmé essentiellement en anglais... C'est ce qu'on appelle une série internationale !

Un projet ambitieux que Måns Mårlind a travaillé sur la longueur, pour décrire avec minutie le Berlin de l'été 1946, ville ravagée, complètement détruite par les Alliés et les Soviétiques afin de mettre fin au régime Nazi. C'est dans ce décorum apocalyptique que va débarquer un officier de police new-yorkais. Max McLaughlin n'a pas la moindre idée de ce qui l'attend en quittant ses collègues de Brooklyn, pour venir filer un coup main à un commissariat berlinois aux abois. Équipés de pieds de tables en guise de matraque, ces agents par défaut ont bien du mal à faire respecter l'ordre, alors que le crime explose dans la ville, et notamment les agressions sexuelles, devenues monnaie courante : « Il y a réellement eu 200 000 viols rapportés aux autorités de Berlin, entre la fin de la Guerre et l'été qui a suivi ! C'est complètement fou. A partir de là, j'ai imaginé qui aurait pu avoir envie de profiter de cette situation tragique... »



Le scénariste Måns Mårlind a donc écrit un thriller noir et abrupte, qui utilise le Berlin de l'époque comme une toile de fond très efficace. Une période historique méconnue, quand l'ancienne Capitale du IIIe Reich était soudainement déchirée en quatre morceaux : les Anglais et le Français au nord-ouest, les Américains au sud et les Soviétiques à l'est.

Une situation explosive peu explorée par la cinéma ou la télévision, que Shadowplay aborde sous l'angle policier, afin d'en scruter les moindres recoins : « J'ai usé de la même technique que sur Jour Polaire : quand je veux traiter une question politique, je la cache dans une histoire criminelle. Un thème qui peut sembler barbant de prime abord, si on l'inclut dans un murder mystery, les gens écoutent et apprennent ». Le murder mystery, pour le coup, n'est pas la plus grande réussite de Shadowplay. L'enquête policière, très sombre et à la tonalité presque caricaturale, peine à faire monter le suspense, malgré un casting au charisme indéniable. Dommage qu'elle prenne tant de place, alors que le contexte géopolitique qui sert de décor à la série, brillamment mis en scène dans une reconstitution à couper le souffle, est autrement plus passionnant

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