The Witcher 4
Netflix

Liam Hemsworth galère dans le costume de Geralt de Riv. Et avec lui, c'est toute la saga qui semble chercher un souffle nouveau. On sent que la conclusion est proche.

Peu importe à quel point le récap' (indispensable) qui ouvre la saison 4 tente de dissimuler le visage d’Henry Cavill, l’acteur anglais n’est plus le Witcher de Netflix.

C’est désormais l’Australien Liam Hemsworth qui se cache sous la tignasse grise. Et c’est peu dire que le changement ne passe pas inaperçu.

Là où Cavill imposait une vraie présence – un mélange  de puissance, d’ironie et de gravité – Hemsworth apparaît comme un remplaçant appliqué mais sans éclat, un fantôme qui traverse le cadre sans jamais y laisser d’empreinte. Pire : il semble parfois dans la copie. On a l'impression qu'il essaye de refaire ce que faisait son prédécesseur, comme pour atténuer la substitution. Mais elle a fait trop de bruit. Elle est trop évidente. Impossible de faire comme si...

The Witcher 4
Netflix

Certainement que le petit frère de Chris a accepté un job impossible. Mais son approche à contre-temps est d'autant plus criante qu'en parallèle, la production fait l'effort (louable) de relancer la série sur de nouvelles bases. Il faut dire que deux ans et demi sont passés depuis la sortie de la saison 3. Les événements de la bataille de Thanedd sont loin. Se réinvestir dans la mythologie tarabiscotée du Continent n'est pas une mince affaire. Il faut du temps pour se réhabituer au Witcher. Et pas seulement parce qu'il a changé de tête. Les enjeux sont un peu flous. Les clans et les camps assez mal dessinés. Mais ça peut valoir le coup de s'accrocher.

La saison 4 prend corps, épisode après épisode. Car, heureusement, la série ne repose plus seulement sur les épaules du seul Sorceleur. Anya Chalotra confirme son statut d’icône fantasy avec une Yennefer souveraine qui mène la guerre contre le charismatique mage noir Vilgefortz. Jaskier (Joey Batey) fait le show dès qu'il en a l'occasion. Et Laurence Fishburne débarque sous les crocs d'un vampire énigmatique, insufflant un peu de noblesse à une intrigue qui se perd dans un trop-plein de sous-intrigues épuisantes. À l'image des aventures annexes de Ciri (Freya Allan), qui tournent désespérément en rond.

The Witcher 4
Netflix

C'est d'ailleurs le problème majeur de The Witcher (au-delà du seul départ de Cavill) :  la saga semble déjà épuisée, alors qu'elle n'a pas vraiment commencé à explorer le Lore immense de l’univers imaginé par Andrzej Sapkowski. La grande histoire de la Conjonction des Sphères n'est qu'effleurée, constamment. Le script se perd en conjecture et ne semble jamais vouloir rentrer dans le vif du sujet sans qu'on comprenne pourquoi... Problème de moyens ? D'écriture ? De direction ?

On regarde ainsi passer cette épopée de fantasy, en se rendant désormais à l'évidence : The Witcher ne parviendra sans doute jamais à exploiter tout son potentiel. Ce ne sera jamais une grande série. La production elle-même semble l'avoir accepté. Netflix aussi. La fin est déjà fixée pour la prochaine saison. L'énorme franchise (il faut rappeler que The Witcher compte déjà deux films d'animation annexes et un série dérivée préquelle) semble vouée à disparaître sans faire de bruit. La narration se resserre aujourd'hui. Se déleste ostensiblement de la complexité du récit original, comme pour aller droit au but. Et c'est peut-être mieux comme ça.

The Witcher, saison 4, en 8 épisodes, à voir sur Netflix.


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