Toutes les critiques de La Convocation
Les critiques de Première
-
Première
par Thierry Chèze
Voilà un premier long déroutant qui s’échine à battre en brèche nos certitudes. A commencer par le fait que ceux qu’on croit être le cœur de la Caméra d’Or cannoise 2024 – l’enfant accusé d’agression sexuelle et le gamin de 6 ans qui en aurait été victime – resteront quasi toujours hors champ. Car le vrai personnage central est celle qu’on découvre dès le premier plan du film, alors qu’elle se rend à la convocation reçue par téléphone. Elisabeth la mère du présumé agresseur, comédienne, à qui les autorités de l’école ont demandé de venir pour lui apprendre ce qui s’est passé et trouver un arrangement avec les parents de l’autre enfant pour éviter que le scandale éclabousse l’établissement. Débute alors un huis clos dans une classe de l’école. Un pur thriller aux rebondissements parfaitement orchestrés dont l’issue paraît jusqu’au bout incertaine. Grâce à l’écriture scénaristique. A la mise en scène dominée par des gros plans qui créent une sensation de claustrophobie et traversée de trouées oniriques inattendues. Mais surtout à la composition de Renate Reinsve (Julie en 12 chapitres). Au jeu de masques qu’elle propose, dialoguant avec son métier et les a priori négatifs qu’il suscite chez ses interlocuteurs et rendant impossible le discernement des moments de sincérité. Avec en point d’orgue, une scène insensée. Un fou rire de 10 minutes qui tranche avec la situation. Comme un trait d’union entre elle et l’Elisabeth du Persona de Bergman - grand- père du réalisateur Halfdan Ullmann Tondel - où la question de l’être et du paraître était centrale. Une leçon de jeu signée par une immense interprète.
-
Première
par Thierry Chèze
Voilà un premier long déroutant qui s’échine à battre en brèche nos certitudes. A commencer par le fait que ceux qu’on croit être le cœur de la Caméra d’Or cannoise 2024 – l’enfant accusé d’agression sexuelle et le gamin de 6 ans qui en aurait été victime – resteront quasi toujours hors champ. Car le vrai personnage central est celle qu’on découvre dès le premier plan du film, alors qu’elle se rend à la convocation reçue par téléphone. Elisabeth la mère du présumé agresseur, comédienne, à qui les autorités de l’école ont demandé de venir pour lui apprendre ce qui s’est passé et trouver un arrangement avec les parents de l’autre enfant pour éviter que le scandale éclabousse l’établissement. Débute alors un huis clos dans une classe de l’école. Un pur thriller aux rebondissements parfaitement orchestrés dont l’issue paraît jusqu’au bout incertaine. Grâce à l’écriture scénaristique. A la mise en scène dominée par des gros plans qui créent une sensation de claustrophobie et traversée de trouées oniriques inattendues. Mais surtout à la composition de Renate Reinsve (Julie en 12 chapitres). Au jeu de masques qu’elle propose, dialoguant avec son métier et les a priori négatifs qu’il suscite chez ses interlocuteurs et rendant impossible le discernement des moments de sincérité. Avec en point d’orgue, une scène insensée. Un fou rire de 10 minutes qui tranche avec la situation. Comme un trait d’union entre elle et l’Elisabeth du Persona de Bergman - grand- père du réalisateur Halfdan Ullmann Tondel - où la question de l’être et du paraître était centrale. Une leçon de jeu signée par une immense interprète.