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Tchécoslovaquie, 1980. Sprinteuse dans l’équipe nationale, Anna s’entraîne pour les jeux Olympiques sous l’oeil attentif de sa mère, ancienne championne de tennis, qui espère la faire passer à l’Ouest. Pour optimiser ses performances, elle reçoit, à son insu, des injections de stéroïdes. Délation, omniprésence du parti, dans cette reconstitution efficace et jamais pesante de ces années de plomb, tout est là. La lutte pour les libertés est traduite par le jeune corps d’Anna, torturé lors de séances d’entraînement quasi militaires et piqué par les aiguilles. Grâce à sa caméra amoureuse et précise, la réalisatrice rend un hommage documenté à toute une génération sacrifiée.
Toutes les critiques de Sur la ligne
Les critiques de Première
Les critiques de la Presse
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i la jeune Judit Bárdos offre une interprétation poignante, c’est à celle de l’excellente Anna Geislerová qu’il revient, au bout du compte, de porter toute l’intensité tragique (...)
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Paranoïa, culte du pouvoir, surveillance et dénonciations : le film reconstitue l'ambiance si particulièrement étouffante de cette époque confinant à l'absurde de l'individu sacrifié sur l'autel du collectivisme triomphant.
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C'est la rigueur de la jeune réalisatrice qui séduit : pas de mélo ni de sentimentalisme dans la recréation des années noires du pays de son enfance. Son regard demeure volontairement sec, précis.
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La condamnation du dopage s'inscrit de fait dans le scénario, mais la complexité des comportements rend passionnant un film qui prend son temps pour faire le portrait d'une jeune femme qui tente de gagner sa propre liberté.
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"Sur la ligne", dont l’intensité minimaliste rappelle le bouleversant "Barbara" de Christian Petzold, est avant tout un film sur le gris de la vie sous le socialisme, sur les résistances au quotidien, sur l’ambiguïté d’un univers où il fallait s’arranger pour survivre sans pour autant capituler, au risque d’être broyé.
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(...) l’attachante Judit Bárdos incarne avec délicatesse une jeune fille tiraillée entre son désir de faire carrière et son attachement à ses racines, tandis qu’Anna Geislerová, dans le rôle de la mère, est prête à tout, même à la pire des trahisons, pour que sa fille ne subisse pas le même triste sort qu’elle.
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On se retrouve avec un résultat excessivement sage et beaucoup trop appliqué dans le déroulé de son programme, à contre-courant du potentiel que renfermait pourtant un tel sujet.
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S’il ne brille pas par la qualité de sa mise en scène, "Sur la ligne" n’en demeure pas moins un long métrage captivant, qui revient sur la "grande époque" du dopage sportif sur fond de guerre froide et de luttes idéologiques.